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Régis Debray et l’Amérique

Régis Debray et l’Amérique

Il y a une chose qui nous fait toujours lire Régis Debray : sa musique. Agréablement unique et reconnaissable. Régis Debray est un style. Que l’on trouve à peu près les mêmes références nominatives dans son joli Madame H. et dans Civilisation. Comment nous sommes devenus américains est, dans cette mesure, accessoire. Qu’il réduise la « civilisation américaine » à la seule marchandisation, n’est pas important. Ce credo est né à la fin du dix-neuvième siècle, notamment sous la plume de publicistes français (écrivains, journalistes, hommes politiques) qui y voyaient l’explication de… l’absence d’universités (Eh oui !) et de littérature (Eh oui !) aux États-Unis. L’Amérique n’avait pour elle que la vulgaire et naissante industrie du cinéma précisément parce qu’il s’agissait de quelque chose de constitutivement mercantile.

Régis Debray étant un style, il n’y a pas lieu de lui faire remarquer que le roman américain est le plus traduit au monde. Même quand l’oeuvre en question fait près d’un millier de pages (voir par exemple le Baltimore de David Simon). La musique populaire américaine ? Régis Debray connaît le Jazz. Qui n’a pas été aussi « populaire » en Amérique qu’on veut le croire. Il parle du rap. Qui le laisse perplexe et qu’il ne distingue à l’évidence pas des deux dominants cousinages que sont le RnB et la Pop, comme le sait, pour sa part, la « Génération Charlie et Lulu ». Il ne parle jamais des sports populaires américains (football, baseball, basket). Comme, il est vrai, il ne s’est jamais intéressé non plus au soccer dans le reste du monde.

Que Régis Debray ait besoin d’une vision de carte postale de l’Amérique pour pouvoir rester accordé à son dynamisme révolutionnaire de jeunesse n’est pas honteux. Au contraire. C’est d’ailleurs le mystère de cette cohérence hypothétique qui pouvait rendre excitante l’idée de plonger dans le livre que sa fille, Laurence Debray, vient de consacrer à son père et à sa mère. Hypothétique parce que la continuité est tout sauf évidente entre l’idéal révolutionnaire du jeune et sensualiste Régis et le républicanisme uchronique du connétable et mélancolique Régis Debray !

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