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Procès du « policier cannibale » de New York. Fantasmes hyper-gore virtuels ou résolution criminelle ?

Gilberto Valle, 28 ans, agent de police à New York, est poursuivi devant une juridiction pénale fédérale à New York pour avoir organisé avec d’autres hommes, dans le cadre de salons de discussion sur Internet, l’enlèvement, le viol, la torture, le meurtre, la cuisson et la consommation alimentaire de femmes. Il devait ensuite accéder (de manière illicite il va sans dire) à un fichier national de données criminelles pour y « profiler » ses victimes.

L’affaire cristallise l’attention pour des raisons substantielles et pour des raisons procédurales. D’un point de vue substantiel, la question posée est de savoir si l’accusé était dans un registre purement fantasmagorique sans perspective de bascule « du fantasme à la réalité » ou s’il avait bien une résolution criminelle. L’accusé fait valoir qu’il n’était jamais que l’un des 40.000 visiteurs du site Internet en question - un site voué à satisfaire des fantasmes et un fétichisme sexuels extrêmes - et qu’il n’a jamais voulu les concrétiser. La défense de Gilberto Valle a déjà annoncé que ses experts psychologues et psychiatres livreraient une bataille sans concession à ceux de l’accusation.

D’un point de vue procédural, l’affaire Valle défraie la chronique en raison des difficultés rencontrées à réunir un jury impartial contre le prévenu. Ainsi un tiers des jurés pressentis ont été excusés après qu’ils ont rapporté sur les questionnaires qui leur ont été soumis qu’ils ne se sentaient pas à leur aise avec la violence des preuves produites par l’accusation (des visuels tirés du site internet et « matérialisant » les fantasmes ou les intentions supposées de l’accusé). D’autres jurés pressentis ont été récusés, soit parce qu’ils ont dit avoir l’habitude de fermer les yeux pendant les films d’horreur, soit parce que tel autre était un fan de science fiction, de romans ésotériques et des actions des hackers. Ce n’est que le 12 février qu’un jury de six hommes et de six femmes a pu être constitué.

PM
13 février 2013

Nous devons à cet excellent connaisseur du droit du numérique et des mondes virtuels qu’est Lucien Castex l’anticipation de ce type de contentieux : un volume collectif de l’Association française de droit des médias et de la culture à paraître en 2013 en traite.

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Georges Guille-Escuret, Les mangeurs d’autres. Civilisation et cannibalisme, éd. EHESS : Georges Guille-Escuret lève l’un des principaux tabous de la civilisation, après l’inceste : le cannibalisme. Convaincu du fait que le cannibalisme recèle un enjeu anthropologique de premier ordre, il soumet au crible de son analyse implacable le regard porté par les sciences sociales sur l’anthropophagie, généralement passée sous silence par les ethnologues et cantonnée aux rubriques « faits divers » de la presse.

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