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Liberté de la presse et police des manifestations violentes : une injonction judiciaire aux agents fédéraux envoyés à Portland.

Les agents fédéraux envoyés par le président Donald Trump pour protéger les bâtiments fédéraux à Portland font l’objet d’une injonction judiciaire leur interdisant d’agresser (tirs de balles en caoutchouc, gaz lacrymos et poivre de Cayenne, interpellations…) des journalistes et des observateurs légaux.

Des journalistes et des observateurs légaux avaient d’abord assigné la police locale de Portland, qui a accepté le 16 juillet des règles permettant aux journalistes et aux observateurs légaux de rester dans une zone déclarée fermée afin d’observer et de couvrir les arrestations et les violences qui en découlent.

Mais peu de temps après que Donald Trump a envoyé des agents fédéraux à Portland dans le cadre de l’opération Diligent Valor, le juge fédéral Michael Simon a accepté que les journalistes et les observateurs légaux élargissent leur assignation aux agents fédéraux du département de la sécurité intérieure, aux US Marshals, aux douaniers et à la police des frontières, tous envoyés à Portland.

Le juge fédéral Simon a donc rendu le 20 août une nouvelle ordonnance enjoignant aux policiers fédéraux de respecter le travail des journalistes et des observateurs légaux. Il exige également que les agents fédéraux portent des numéros d’identification uniques, en vue de les dissuader d’agir illégalement.

Les agents fédéraux qui travaillent sous couverture sont pour leur part exemptés de cette exigence et les parties ont 14 jours de décider d’une méthode d’identification des journalistes et des observateurs légaux puisque les policiers font valoir que beaucoup de casseurs sont déguisés en journalistes ou en observateurs légaux.

Certains avocats ont suggéré que les journalistes et les observateurs légaux portent un vêtement labellisé par l’ACLU et qui leur aurait été remis spécialement par l’association de défense des libertés. Les fédéraux ont répondu que cette réponse n’en était pas une, tant elle était facile à contourner.

Dans son ordonnance, le juge fédéral Simon a escamoté une question qui avait pourtant beaucoup agité son prétoire, celle de savoir si les journalistes et les observateurs légaux des manifestations devaient se voir reconnaître un statut spécifique au sein du Premier Amendement, un statut qui voudrait que des ordres de dispersion des manifestants donnés par la police en toute légalité ne leur soient pas opposables (page 6, note 3).

Liberté de la presse lors de manifestations violentes_Juge fédéral_20 août 2020 by Pascal Mbongo on Scribd

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